Rue Maxime Lalanne

Gonflés à bloc par les centaines de courriers reçus (ou milliers, on ne peut plus compter), nous reprenons le risque de mettre notre sort entre l’aléa d’Excel. Taquin, le logiciel nous emmène une fois de plus aux lisières bordelaises, mais cette fois ci direction plein Sud : à quelques encablures de Talence nous voilà partis visiter la Rue Maxime Lalanne, qui avec la rue Jean Lalanne fait partie du cercle très fermé des rues en « Lalanne » de notre ville (Françis, patience, ton heure viendra).

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A peine arrivés, nous comprenons tout de suite ce qui nous attend. La rue bordelaise par excellence, discrète, courte, flanquée d’échoppes des deux côtés. A priori rien de bien particulier à signaler.

Mais en y regardant de plus près on s’aperçoit quand même que derrière cette longue rue uniforme, ce beau décor de théâtre, chaque échoppe à sa particularité : une rénovée, l’autre pas. Par hasard, l’heure de notre visite est aussi l’heure de retour du bureau. Et sans vouloir baser notre propos sur une sociologie de comptoir approximative (même si nous n’avons rien contre les comptoirs), force est de constater que la rue semble divisée entre des propriétaires présents depuis plusieurs années, pas forcément des grands pontes du négoce ou du Barreau, et des nouveaux arrivants aux belles voitures qui se garent le long des maisonnettes rénovées. C’est l’échoppe : habitat populaire d’hier, produit immobilier ultra recherché d’aujourd’hui ! Entre hier et aujourd’hui ce sont aussi les petits commerces de quartier qui mettent souvent la clé sous la porte comme nous le rappelle un peu tristement l’angle de la rue.

A moins que la rue Maxime Lalanne ne soit pas symptomatique d’une rupture temporelle mais plutôt d’une rupture territoriale, puisqu’on se situe ici à peu près à mi-chemin entre St-Genès, quartier plutôt chic, et Nansouty, quartier plutôt populaire. Bref, notre demi est terminé, on quitte le comptoir sociologique et on revient à notre rue.

Heureusement, la rapide enquête préliminaire de Vinjo nous a permis de repérer un lieu qui sort la rue Maxime Lalanne de l’anonymat résidentiel : plantée en plein milieu de la voie, dominant la rue de ses étages, une belle maison au décor néogothique abrite « l’auberge du chat kipu ».

De quoi s’agit-il exactement? A vrai dire on n’a pas très bien compris… un lieu de fête, un lieu coopératif, une espèce d’auberge espagnole ? Pour essayer de tirer cela au clair on toque à la porte. C’est A. qui nous ouvre, avouant par la suite nous avoir pris pour des Témoins de Jéhovah (cela nous a beaucoup touché). Au final, l’auberge du chat kipu se révèle être une coloc de jeunes comme tant d’autres, avec des musiciens, des informaticiens, des fêtes, une cave, un jardin, des anciens colocs, des nouveaux… Si elle n’avait pas été renseignée sur Google Maps, nous n’aurions même pas soupçonné son existence.

A. n’est donc pas la tenancière d’un lieu visant à concurrencer les quais de Paludate, et nous comprenons que nous ne tenons pas ici notre débit de boissons de la rue Maxime Lalanne (on vous rappelle que quitte à se promener dans le Bordeaux profond, on aime bien boire une bière post-découvertes). En revanche, A. fait partie de Los Teoporos, joyeuse banda de la fac de médecine de Bordeaux 2 qui prône la convivialité dans nos quartiers. PS : ne faites pas comme nous, ne mettez pas plusieurs jours avant de vous apercevoir qu’il s’agit d’un jeu de mots. Los Teoporos / Médecine… ça y est c’est bon ?

Los Teoporos en répétition, merci à A. pour l'invitation!

Los Teoporos en répétition, merci à A. pour l’invitation!

Mais après cette sympathique rencontre, force est de constater qu’aucun débit de boisson ne s’est installé rue Maxime Lalanne. Fidèles à notre règlement nous prenons la rue adjacente avec une motivation au diapason des instructions données par la boite aux lettres .

Et là toujours rien… mais cher lecteur rassure-toi, Vinjo et Pim ont plus d’un tour dans leur sac.
Car ce que nous n’avons pas encore dit c’est que Francois Antoine Maxime Lalanne est un célèbre dessinateur et peintre bordelais. Il fut réputé, au XIXè siècle comme l’un des maitres de la gravure à l’eau forte… kézako ? Si on a bien tout compris, il s’agit pour l’artiste de dessiner un motif sur une plaque de métal vernie qui est ensuite plongée dans un bain d’acide permettant de couvrir et découvrir certaines zones et ensuite de pouvoir mettre la plaque sous presse. Un tampon amélioré en quelque sorte. Mais en joli quand même.

Rade de Bordeaux par Maxime Lalanne

Rade de Bordeaux par Maxime Lalanne

Bref, ces belles gravures et ces beaux dessins ont valu au Sieur Lalanne d’être honoré d’une statue au Jardin Public. Nous voilà donc repartis sur nos montures V3, en prenant bien soin d’acheter une petite mousse à ouvrir devant notre idole du jour. Plein de mauvais esprit nous cherchons la statue dans le parc, en nous concentrant sur les coins et recoins. Que nenni ! Francois Antoine Maxime et sa moustache ont droit aux honneurs et trônent majestueusement en plein cœur du parc, immanquable pour tout joggeur ou tout élève du Lycée Montesquieu en train de repousser les limites de l’oisiveté. C’est donc à sa santé, et à celle de la banda de nos futurs toubibs, que nous buvons cette bière tiède et remuée sur les pavés bordelais ! Adishatz.

Un beau moment de poésie

Un beau moment de poésie

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