Rue Henri Mérand

En ce Samedi 26 Avril 2014, Vinjo et la catastrophe de Tchernobyl ont 28 ans. Et pour célébrer dignement un anniversaire, quelle meilleure manière que de lancer Excel et de lui laisser choisir une destination parmi les 2042 rues restant à explorer ?

Après nous avoir fait franchir la Garonne vers la Benauge, Excel a cette fois ci décidé de nous en éloigner et de nous renvoyer une fois de plus à Caudéran. Mais rien de très étonnant à tout cela, Caudéran étant le quartier à la fois le plus vaste et le plus peuplé de Bordeaux.

RueHenriMérand

Peut-être avez-vous suivi notre récente mise en lumière médiatique, durant laquelle on nous demandait : « Mais il n’y a jamais de rues sur lesquelles il n’y a rien à dire ? ». Et Bordeaux 2066 de pérorer : « Il y a toujours quelque chose à raconter voyons ». Excel nous aurait-il trouvé suffisants ? En nous envoyant rue Henri Mérand, c’est un véritable défi que nous devons relever.

panneau

Henri Mérand, qui est-il ? C’est un ancien conseiller municipal de Caudéran. Nous n’en saurons pas plus, l’homme n’ayant pas laissé une cyber-trace exploitable.
La rue Henri Mérand, quelle est-elle ? C’est une courte rue d’à peine 100 mètres de longueur qui avec la rue Carruade forme un paisible « U » sans histoires à deux pas de l’église de Caudéran et de l’Avenue Louis Barthou.

Sur le plan de Caudéran daté de 1909 que nous avions utilisé pour la rue Wilson, la rue Henri Mérand n’existait pas encore. On peut imaginer que c’est entre les deux guerres que la rue a été percée, en plein essor de l’ouest bordelais.

La rue étant très courte, nous pouvons nous permettre une description exhaustive. Une maison basque « à rafraîchir », comme disent les agents immobiliers, marque l’entrée de la rue. Sur les côtés, c’est ensuite une succession de maisons en pierre bordelaise, avec ou sans étage. On y trouve également un zeste d’arcachonnais et un chouïa d’art-déco : rien que de la valeur sure, très calme, plutôt agréable à l’oeil sans qu’on ait non plus à vous conseiller d’aller exprès admirer tout ça.

Maison basque dans rue manquant de piment

Maison basque dans rue manquant de piment

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Au fond de la rue les choses s’emballent un peu : une copropriété de quatre logements un peu tape-à-l’oeil mais offrant ce qu’on peut appeler des « terrasses de ouf » à ses occupants, puis une immense chartreuse que l’on peine à admirer derrière sa haie de lauriers et ses palmiers. La présence de cette belle demeure n’a pas échappé à notre ouvrage de référence qu’est le nouveau viographe de Bordeaux, qui affirme que « la perfection des proportions et la délicatesse du discret décor font de cette demeure l’exemple parfait de la chartreuse bordelaise ».

Morceau de chartreuse

Morceau de chartreuse

Et les habitants de la rue Henri Mérand dans tout ça ? Discrets, à l’image de leur rue. Notre principal interlocuteur du jour aura été Nicolas, jeune père de famille fort courtois, qui vient de racheter une jolie maison en pierre avec un appréciable jardin. De la rue Henri Mérand, Nicolas ne peut que nous vanter son calme du à l’absence totale de trafic. Nicolas est un homme serein, mais s’il devait retenir un sujet d’inquiétude ça serait ce projet de supprimer du stationnement dans la rue de la Dauphine voisine, qui pourrait alors rabattre de l’automobiliste vers la rue Henri Mérand. Voilà qui ne nous empêchera pas de dormir.

On retiendra également que la rue abrite le cabinet de conseil en alimentation bio « Nourritures Terrestres », dont la gérante Béatrice n’a répondu ni à notre coup de sonnette ni à notre courriel, ce qui est bien entendu très mal puisque cela contribue à appauvrir cet article déjà poussif.

 

Une rue zoom zoom zen avec sa Benz Benz Benz

Une rue zoom zoom zen avec sa Benz Benz Benz

2066

Oui vous l’aurez compris, ce jour là à Caudéran c’était calme, très calme, trop calme. Aussi pour pimenter un peu notre après-midi et continuer à vous surprendre chers lecteurs, nous avons pris une décision grave qui fera grand bruit et peut-être chagrinera certains d’entre vous : nous avons bu du vin. Du vin, à Bordeaux, drôle d’idée franchement.

Cet écart dans notre ligne éditoriale, nous le devons à Stéphane et à sa « cave sur place Les Millésimes », rue de l’église, juste à côté de… l’église. En ayant ouvert sa cave à la dégustation sur place, Stéphane est ainsi devenu le débit de boisson le plus proche de la rue Henri Mérand, ce qui lui a valu notre visite.
« – Et alors ça fonctionne votre business ?
– Non »
Avec une telle réponse, on comprend tout de suite que Stéphane est un commerçant honnête. Ce sosie de Renaud (en moins abîmé par l’alcool qu’il doit certainement boire avec plus de modération) est aussi un iconoclaste, puisqu’il propose des vins du Languedoc, de Bourgogne, du Nouveau Monde, bref d’un peu partout et très peu de Bordeaux. Non pas que notre vin soit mauvais, ça se saurait, mais il veut ainsi se différencier de la concurrence et notamment des féroces grandes surfaces environnantes. Stéphane est aussi un amoureux des bons produits que notre consultante de chez « Nourritures terrestres » apprécierait (ou appréciera, après avoir lu cet article), puisqu’il ne propose que des produits issus d’une agriculture raisonnée, vous savez celle qui laissera peut-être une chance à la planète de survivre après le passage de notre génération, même si on ne croit plus en rien depuis qu’on sait que Carlos Henrique va quitter Bordeaux.

Stéphane

Stéphane

Vous connaissez la Vendée ? Mais si, un petit effort : Le Puy du Fou, Philippe de Villiers, la brioche, et les paysages chiants entre La Rochelle et Nantes. Certains énarques ont même décidé que ce Département faisait partie du Sud Ouest, preuve qu’on ne peut vraiment faire confiance à personne. Eh bé figurez-vous qu’en Vendée ils font également du vin, et c’est celui là que Stéphane nous a servi. C’était même très bon, tellement bon que ça nous a fait oublier la bière. On notera également que Stéphane ne possède pas de licence lui permettant de vendre de l’alcool sur place sans nourriture en accompagnement, ce qui est en soi une excellente nouvelle puisque ses fromages sont fort goûtus.

Où l'on découvre cet étrange breuvage

Où l’on découvre cet étrange breuvage

C’est l’estomac rempli et le palais égayé que nous quittons Caudéran, à contre-flux des familles se rendant à la messe. Bordeaux 2066 n’est pas allé prier, mais espère que les dieux du commerce et de la viticulture raisonnée conserveront longtemps la cave « Les Millésimes », elle qui nous a permis de conclure cette visite en beauté. Décidément oui, « il y a toujours quelque chose à raconter ».

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6 réflexions sur “Rue Henri Mérand

  1. Bordeaux 2066 (…) espère que les dieux du commerce et de la viticulture raisonnée conserveront longtemps la cave « Les Millésimes », elle qui nous a permis de conclure cette visite en beauté.
    Moi aussi!
    Merci pour ce moment passé a discuter de vins et de respect de l’environnement.

  2. On attend avec impatience… Je compte d’ailleurs me constituer ma petite réserve personnelle. Je prévois d’acheter une cave électrique prochainement. Cela ira vous pensez ? J’en ai vu plein sur http://caveavin.com/ qui me semble bien mais j’hésite encore beaucoup.

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