Carnet de route aux quatre coins de la Gironde – Partie 1 : nord et est (Le Verdon et ses monuments, Saint-Avit-Saint-Nazaire et ses arbres)

Nos lecteurs les plus fidèles auront sans doute gardé un souvenir ému de nos précédentes aventures en compagnie de Tim Pike, de Invisible Bordeaux, dont un pèlerinage à l’intersection du méridien de Greenwich et du 45ème parallèle et une balade à vélo le long de l’Eau Bourde.

Pour cette nouvelle aventure commune, nous nous sommes lancés dans un road-trip d’une journée vers les extrémités nord, est, sud et ouest de la Gironde, le département le plus vaste de la métropole, nourrissant le fol espoir qu’il se passe quelque chose d’intéressant quelque part sur notre chemin. Pour ce faire, nous avons soigneusement organisé notre itinéraire et sommes partis dès le premier chant du coq de Saint-Aubin-de-Médoc, sachant pertinemment que 600 kilomètres de route nous attendaient, c’est-à-dire ni plus ni moins que la distance qui sépare Bordeaux et Paris !

 

Notre premier arrêt, Le Verdon-sur-Mer, se trouve à 88 kilomètres de notre point de départ, à la pointe nord des terres viticoles du Médoc. Le Verdon se trouve aussi être le port d’attache du bac qui assure la liaison maritime vers Royan, de l’autre côté de l’estuaire de la Gironde. Notre visite des lieux est l’occasion d’observer l’arrivée, le déchargement et le départ d’un bac Transgironde, emprunté par une assemblée éclectique de riverains, de touristes aux voitures et camping-cars immatriculés aux Pays-Bas, en Allemagne ou en Angleterre, et même d’une poignée de piétons.
Nous mettons le cap vers le point le plus septentrional de la Gironde, au bout d’une jetée goudronnée avec vue sur Royan, entourée d’eaux mêlant le bleu de l’océan Atlantique et le marron de l’estuaire de la Gironde. A notre gauche on distingue au loin le phare de Cordouan, qui se trouve à sept kilomètre au large des côtes. Cet édifice historique, qu’on appelle parfois le Versailles des mers, fut érigé entre 1584 and 1611, avant de devenir le premier phare classé monument historique en 1862. Il reste aujourd’hui le plus ancien phare français en activité, même s’il est entièrement informatisé depuis 2006.

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Cordouan et les dunes de l’Atlantique

Sur la terre ferme, au-delà des promeneurs et des pêcheurs du dimanche, les bunkers allemands du mur de l’Atlantique dominent les hauteurs. Les lieux sont aujourd’hui paisibles mais il est aisé d’imaginer ces bunkers flanqués de sentinelles à l’affût de tout signe de mouvement suspect.

De l’autre côté des dunes se dressent trois monuments différents. Le premier est un mémorial à la gloire des soldats américains du général Pershing, qui défendirent la France pendant la première guerre mondiale au nom du « même idéal de droit et de liberté » qui avait conduit La Fayette et son équipage en Amérique en 1777. Le Verdon fut en effet la dernière escale du Marquis avant sa traversée de l’Atlantique pour œuvrer à libérer les Américains du joug britannique. Détruit par les Allemands en 1942, le monument a été reconstruit après la guerre pour prendre l’apparence qu’on lui connaît désormais.

Le deuxième monument commémore l’opération Frankton (ou opération « coque de noix ») et sa poignée d’héroïques kayakistes britanniques qui empruntèrent ces eaux en décembre 1942 pour mener une opération commando décisive à Bordeaux. Il se trouve que cet épisode incroyable et fascinant de l’histoire militaire girondine a fait l’objet d’un précédent article d’Invisible Bordeaux, dont nous ne pouvons que vous conseiller la lecture.

 

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Les trois mémoriaux du Verdon

Le dernier monument est dédié de manière plus générale à tous ceux qui ont donné leur vie pour défendre la liberté de la France. Il fut inauguré en 1995, pour le cinquantième anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale. La présence de ces trois monuments donne une idée de l’importance stratégique que sa localisation a conférée au Verdon.

Après avoir dépassé le phare du Verdon et un complexe de la Marine nationale nommé « Sémaphore » (qui comprend un bunker apparemment reconverti en logements), nous repérons non loin du bout d’une voie de train désaffectée un panneau indiquant Bordeaux à 104 kilomètres : difficile de s’éloigner plus de la capitale girondine sans quitter le département !

 

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Blockhaus reconverti et extrémité nord de la voie ferrée

Notre passage se termine par une conversation avec la propriétaire d’un bar ouvert uniquement en haute saison. Parmi les sujets abordés : la perspective que ce coin de Gironde devienne une île à l’horizon 2100, l’impression d’éloignement considérable entre Le Verdon et Royan malgré une distance de sept kilomètres seulement (« un pont faciliterait les choses ») et les origines de nombreux locaux dans cette enclave historique charentaise entourée de culture et de patois gascons. Faute d’informations plus croustillantes, nous remontons promptement dans la voiture pour redescendre vers Bordeaux, dont nous longeons l’agglomération côté nord avant un arrêt gastronomique à Castillon-la-Bataille, pour enfin atteindre le point le plus à l’est de la Gironde, situé à Saint-Avit-Saint-Nazaire.

En ce début d’après-midi, nous avons déjà engrangé 272 kilomètres au compteur. A la frontière entre Gironde et Dordogne, pas grand-chose à voir, sinon un champ, un fossé et une végétation dense bouchant entièrement la vue sur la Dordogne – le fleuve – qui coule à quelques mètres de là. Nous sommes surtout frappés par la transformation très nette du paysage entre nord et est : le sable, les marécages et les vastes étendues ouvertes du nord Médoc ont laissé place à un environnement bien plus verdoyant, luxuriant et varié, où les vergers rivalisent en nombre avec les parcelles de vigne.

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A gauche : des arbres. A droite : un champ. Au milieu : une route, et la Invisible Bordeaux-mobile. Au premier plan : la Gironde. En arrière-plan : la Dordogne.

Décidés à ne pas nous éterniser à Saint-Avit-Saint-Nazaire, nous reprenons la route vers Captieux, à l’extrême sud de la Gironde, une ville qui s’avérera avoir quelques secrets anciens et sulfureux à nous révéler !

Pour connaître les sulfureux secrets de Captieux, rendez-vous au prochain épisode de ce carnet de voyage !

    • La version originale de ce récit est à retrouver ici !
    • Récit de Tim Pike, traduction par Jean-Yves Bart

 

 

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