Cité Saint-Martin

Des jours, des semaines, des mois presque que l’on vous laisse sans nouvelles. L’équipe de Bordeaux 2066 a été très occupée ces derniers temps, peut-être trop, et nous avons du laisser l’exploration de côté pour un moment… jusqu’à la Saint-Glinglin ? Non, mais jusqu’à là Saint-Martin oui, car c’est bien là qu’Excel nous envoie pour cette 57ème rue.

En regardant le plan, la Cité Saint-Martin nous semble être une petite rue perdue dans les bas-fonds de la Bastide. Pourtant, nous sommes ici à quelques mètres de l’avenue Thiers et du tramway. Mais ce qui nous frappe dès notre arrivée c’est le calme : peu de bruit, tout est tranquille, les mimosas sont en fleurs, et les chats, ces véritables appâts à likes sur Facebook, se baladent remplis d’insouciance alors qu’à quelques mètres de là tramways et voitures rythment l’artère principale de la rive droite.

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Façon déloyale d’obtenir du like Facebook

Ce calme, on le doit à la configuration des lieux : la Cité Saint-Martin est en fait l’union de deux impasses, que coupe en son milieu la rue Dasvin de Boismarin, qui elle-même bute sur des friches ferroviaires. Le paysage architectural s’inscrit dans la même lignée : à première vue pas d’immeubles modernes comme on les voit de plus en plus fleurir sur la rive droite, mais un alignement d’échoppes entrecoupé çà et là de constructions plus récentes.

C’est dès le début de notre exploration que nous croisons Marie-Claude, militante communiste qui à quelques semaines des prochaines échéances électorales tracte dans les boîtes aux lettres en rêvant d’union de la gauche. Suite à quelques considérations politiques, elle évoque la vie de quartier : une ambiance qui évolue petit à petit mais qui reste encore marquée par le passé ouvrier et la solidarité qui va avec. Pas encore de boboïsation à l’horizon selon Marie-Claude : ici beaucoup de gens se connaissent et il n’est pas rare de papoter avec ses voisins en s’asseyant cinq minutes sur un banc du petit square situé un peu plus loin.

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Marie-Claude

Cet esprit de village, Yvette nous le confirme quelques minutes plus tard. Yvette et son sourire radieux habitent la Cité Saint-Martin depuis plus de 40 ans maintenant. 40 ans que ses fenêtres font face à un palace en parpaing jamais terminé, sans que cela n’entache sa bonne humeur communicative. Une fois dépassées les considérations esthétiques, Yvette égrène avec nous son chapelet de souvenirs : la vie rive droite avant l’arrivée du tramway, l’ancienne demeure bourgeoise installée à l’angle et rasée dans les années 90 pour laisser place à des logements cheminots, et puis la salle Ernest Mouche qui faisait office de garderie et de salle polyvalente avant d’être détruite puis ensuite remplacée par le parking relais Galin.

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Ma maisoon est en paaarpaings, pirouette, cacahouette…

La salle accueillait notamment les fêtes et les bals de quartier, comme l’évoque Suzanne, une habitant de la Bastide dont le témoignage est consultable ici. Le tango des amoureux a maintenant laissé la place à la valse des voitures qui se croisent à longueur de journée en regardant passer le tram. Là encore on est en plein contraste entre la cité Saint-Martin baignée de tranquillité et le ballet incessant des tramways ne semble déranger personne, et surtout pas Yvette qui trouve le tramway formidable, « enfin, je ne l’ai pris que trois fois en 10 ans, mais j’adore l’entendre au fond de mon jardin ». Et Yvette entre deux rires de nous raconter sa dernière expérience tramway : un trajet vers le Stade René Gallice pour aller voir Bordeaux-Guingamp, « et que ça sentait la pisse oh mon pauvre laaaalaaa ».

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La Cité Saint-Martin vue du P+R Galin

Finalement Yvette ce qui la dérange le plus, c’est peut-être cette nouvelle mode des maisons en bois, comme celle construite il y a peu au bout de la rue. Les membres de Bordeaux 2066 ayant des opinions architecturales assez divergentes, nous ne nous hasarderons pas ici à une critique esthétique. Ce qui est certain c’est que l’on sent petit à petit l’urbanisation boucher les quelques trous du quartier : plusieurs constructions modernes s’insèrent dans la Cité Saint-Martin et dans les rues voisines, et d’ici quelques années les quartiers de Niel et de Brazza accueilleront les futurs voisins de Marie-Claude, d’Yvette et des autres.

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Sérénité bastidienne

En attendant les nouveaux habitants, l’offre en débits de boissons pouvant satisfaire notre soif reste assez limitée. C’est donc résignés que nous retournons au Nicot, bar PMU de quartier qui nous avait déjà accueilli lors d’une précédente visite.Le soleil de fin d’hiver nous invite à tomber le manteau, sans que nous ayons l’opportunité d’en donner la moitié à un clochard comme le fit Saint-Martin en son temps. Nous prenons une Affligem de printemps, que nous buvons à la santé de nos rencontres du jour. Union de la gauche ou pas, puissent la convivialité et la solidarité bastidienne que l’on nous a vanté ce jour là continuer à planer sur la rive droite.

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Deux demis sur l’Avenue Thiers

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4 réflexions sur “Cité Saint-Martin

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